suite chap 9
J’avançais lentement vers la grand’ salle du royaume et chacune d’entre elles me caressait au passage.

Certaines m’embrassaient les mains, d’autres les bras.

Une parmi elle, la moins farouche sans doute, m’enlaça de ses bras musclés.

Je sentis très fort sa poitrine se coller à la mienne et mon cœur se mit à battre fort, très fort, je n’avais pas sentis cette sensation humaine depuis si longtemps !


-au nom du royaume des amazones, au nom de toutes mes sœurs, je te souhaite le bienvenu grand roi ! Sa voix était juste et mélodieuse.

Elle m’embrassa alors.

Ses lèvres avaient un gout de fleur, je ne savais, sur le moment, dire laquelle.

Je goutais ainsi à une douceur telle une pluie matinale de printemps, je goutais aussi à une fougue telle la tempête faisant rage dans les sombres forets ; elle était belle, si belle…


Je vis alors dans ses yeux la beauté mais aussi la raison de ma quête, mes peurs s’étaient envolées.

Si les dragons ne peuvent nous protéger et préserver ce qu’il y a de plus beau dans ce monde, je le ferai !

Et si Drak ne veut pas écouter mes prières dans cette guerre, que les démons l’emportent…

Amania, belle guerrière et amazone qui venait de m’embrasser, était dans la force de l’âge.

Elle me dit qu’elle venait juste de fêter ses trente cinq printemps et qu’elle avait consacré sa vie aux batailles.

Elle me dit également qu’elle avait toujours refusé d’accueillir les visiteurs qui venaient à s’aventurer au royaume Sylvestre.

Elle me dit que son épée avait souillé et tranché de nombreux corps durant les dernières guerres mais que le sien était resté pur.

Elle me dit qu’elle avait gardé sa virginité pour la guerre et surtout pour celui qui, un jour, saurait lui donner envie de partager un plaisir ou une vie différente de ceux qu’elle avait connu jusqu’à présent.

J’étais, de toute évidence, tombé sous son charme…


Atlanta m’ordonna, au nom de la première légion, de partir vers les collines noires en quête du dragon spectral qui devait nous donner force et courage.

Amania s’agenouilla devant la reine et lui demanda si elle pouvait m’accompagner.

Ça ne s’était jamais produit, jamais une amazone n’avait eu l’idée ou même avait demandé à la reine de quitter la cité en compagnie d’un homme.

La reine Sylvette toussota et fit un pas en arrière.

Atlanta lui prit le bras discrètement et lui fit comprendre qu’il fallait que sa meilleure guerrière quitte la cité, il lui fit comprendre que le roi en avait besoin dans sa quête.


Amania monta alors sur le cheval sellé qu’on nous avait préparé et je pris les rennes en main.

La cité entière nous regarda partir sans dire un mot.

La main gauche tenant les rennes et la droite sur la cuisse d’Amania, j’entamais une route vers un destin que j’avais toujours redouté.


Je n’étais pas seul, j’étais escorté par certainement la guerrière la plus expérimentée de la reine Sylvette.

Elle me regardait dans les yeux, les cheveux flottant dans le vent frais du petit matin, assise sur le cheval face à moi, les deux jambes positionnées du même coté tel qu'on lui avait appris, tel que faisaient toutes les amazones à cheval.

Je marchais ainsi à ses cotés avec un regard tantôt admiratif sur la noblesse et la force qu'elle représentait et tantôt malicieux quand à sa beauté toute entière !


Ma main tenant sa sandale de cuir remontait le long de son mollet, je caressais son genou et m’attardais longuement sur sa cuisse, je n’étais pas seul…