Chapitre 9 – le sceptre lumineux du dragon.

Je m’étais encore endormi, perdu dans des rêves étranges et sombres, dans lesquels je ne faisais plus la différence entre le monde réel et celui des rêves.
Mes mystérieuses facultés me permettaient de vois l’avenir, le présent ou même le passé en rêvant mais ce pouvoir commençait vraiment à m’assaillir.
Réveillé encore en sursaut, Atlanta assis à coté de moi et qui m’avait veillé toute la nuit, me demanda :
-bonjour mon ami, mais de quoi donc as-tu encore rêvé cette nuit ?
-je crois que j’ai vu le dragon, lui répondis-je.
-Drak ? Tu as vu Drak ou son frère ?
-non, il n’y avait ni glace et ni feu dans mon rêve, j’ai vu le dragon, l’unique.
-mon ami, je parcoure ces terres depuis le début du temps des hommes et je n’ai jamais vu ce que tu me décris.
-si, il est grand, lumineux de couleur bleutée et il m’a parlé…

(Atlanta faisait mine de m’écouter, il ne me prenait pas au sérieux, mes allégations quand à un dragon proche des hommes et né de leur passion ne l’interpellaient pas.
Pourtant j’avais clairement trouvé dans mes pensées l’espoir que je cherchais vraiment, le sceptre lumineux n’était pas un objet, c’était un être bien vivant, puissant, amical, attachant, il fallait que je le trouve, Atlanta m’aiderait de toute façon.)

Remontés sur le faucon d’Atlanta, nous commencions un envol vers des plaines que je n’avais pas vu depuis bien longtemps.
Au bout de deux heures de vol, je reconnus le royaume de la reine Sylvette.
Un frisson étrange me parcourut le bas du dos, je n’avais pas vu de femmes depuis si longtemps et les amazones de la reine Sylvette avaient la réputation d’accueillir particulièrement bien leurs invités…

Atlanta posa son faucon avec une douceur coutumière sur la place d’arme du royaume Sylvestre.

La reine en personne, escortée de quatre de ses meilleures guerrières et aussi des plus belles vint nous accueillir.

Elle savait, Atlanta l’avait prévenue de ma venue, elle savait quelle était notre mission, elle savait que le dragon que je devais réveiller était dangereux malgré tout, elle savait que j’avais été privé depuis si longtemps de la douceur d’une femme, elle connaissait ma tristesse, mes peurs, mes espoirs et l’engagement que j’avais envers la première légion, elle savait…


Atlanta, comme chez lui, descendit le premier de l’oiseau géant, il salua la reine des amazones avec respect mais aussi avec amitié, sa garde personnelle fit un pas en avant quand le sorcier blanc l’embrassa.

La reine et celui que tout le monde connait et celui que personne ne sait d’où il vient, quittèrent la place pour échanger quelques mots.


Je me retrouvais seul, j’avais froid, faim et je me sentais perdu.

Des centaines de guerrières et non pas les moindres me fixaient du regard.

Un homme, enfin un homme pensaient elles ?


Et puis après tout, n’étais-je pas roi de cité, seigneur de l’alliance la plus féroce de ce monde, fondateur de l’école des archers, et n’étais-je pas voué à une quête qui devait sauver le monde des hommes ?


Quatre mètres me séparaient du sol, assis encore sur l’oiseau d’Atlanta.

Je fis un bond et ce ne fut pas le poids de mes quarante deux printemps qui amortit ma chute contrôlée mais l’ardeur que j’avais acquis durant mes batailles !


Tel un oiseau, je bondis avec aisance et force, ma cape fouettant le vent, mon bras gauche retenant ma dague, le droit mon arc !

Bondissant tel un chevreuil sauvage, j’avais retenu toute l’attention des amazones !


Certaines me dévoraient des yeux…

Les amazones n’étaient pas en tenue de combat.

Elles étaient vêtues comme à l’accoutumée quand elles effectuaient des taches courantes dans l’enceinte de la cité.

Elles avaient quasiment toutes les cheveux attachés, elles portaient de petits foulards noués autours de leurs généreuses poitrines afin de ne pas être gênées pendant leur travail et qui laissaient largement entrevoir leurs abdomens harmonieusement musclés.

Elles portaient aussi de courtes jupes qui cachaient à peine leurs fesses et qui pouvaient montrer à quel point leurs jambes étaient taillées pour la course ou pour la bataille.

Elles avaient également des sandales en cuir qu’elles pouvaient nouer ainsi jusqu’aux mollets.

Toutes vêtues de la même couleur, le blanc de la cité représentant les neiges éternelles d’Atlantis, elles n’en étaient pas moins différentes.

Rousses couleur d’automne ou de feu, blondes tels les premiers rayons du soleil ou brunes bleutés comme la nuit profonde, elles avaient toutes quelque chose qui les différenciait.

Quand à leurs yeux, il m’était très difficile de soutenir leurs regards ; incendiaire ou glacial, tendre et aquatique, interrogateur et passionné.