fin du chap 7

Le troisième garde attendait impatiemment son tour, sachant que les deux seigneurs de la première légion avaient déjà réussi les premières épreuves.
Il avait la même attitude que les deux gardes précédents mais il avait en plus dans ses mains un énorme arc munie d’une seule flèche.
Aramir l’interrogea et lui demanda ce qu’il attendait d’eux.
Le garde répondit qu’au fond du couloir derrière lui se trouvait une cible de la taille d’une orange et de la même couleur d’ailleurs et qu’il fallait l’atteindre à l’aide de l’arc et de la flèche qu’il tenait dans ses mains.
La cible n’était pas éloigné, une trentaine de pas au grand maximum, mais il faisait quasiment nuit noir dans cet étroit couloir et on n y voyait rien.
-c’est impossible, s’exclama Aramir, il faudrait viser au juger et à l’instinct !
-laisse moi faire répondit le prince des forces spéciales de la première légion.
Le prince Jean sortit de sa poche une paire de lunette assez étrange, elles n’étaient apparemment pas destinées à la lecture ; elles avaient été confectionnées avec des cristaux qui pouvaient récupérer la moindre lumière et la réfléchir vers celui qui les portait.
Aramir les essaya ; en effet il y voyait presque comme au petit matin !
Il les rendit à son équipier qui les porta à son tour.
Le prince jean décrocha ainsi très facilement la flèche qui se logea en plein milieu de la cible.
Le dernier sarcophage s’ouvrit et le roi Patrick se releva.
Il empoigna fortement sa hache et d’une voix tonnante s’exclama :
-les autres sont réveillés je présume, et bien soit ! à la guerre…

Les rois et reine des trois cités se donnèrent alors la main.
Le soleil se leva, les trois herses des royaumes se levèrent ensemble et les soldats sortirent des camps.
Un million de guerriers, lourdement armés et prêts à se battre.
Comment une telle armée avait pu être cachée durant toutes ces années ?
Encore la magie d’Atlanta, pensa Aramir.
Le prince Jean, quand à lui, très respectueux de l’ordre militaire et des présentations et démonstrations de force, admirait également en silence la marche de l’armée des trois cités.
Le coup fracassant porté par la hache du roi Patrick sur un bloc de pierre fit cessé la marche immédiatement. Les soldats étaient tous au garde à vous et le roi Pascal ordonna à son tour « repos » !
La reine Kathe s’avança alors accompagnée des deux grands souverains pour saluer et s’adresser à l’immense armée.
Un petit discours sur la démocratie au sein de la première légion, un topo sur la sécurité et le début d’un plan de bataille pour les généraux.
Huon, le général en chef des trois armées posa quand même une question :
-nous sommes forts et nombreux, certes, mais nous n’avons aucune idée de ce qu’il y a à l’est ; topographie, cours d’eaux, forets et ressources ; des centaines d’entre nous seront morts avant d’arriver à la frontière !
-c’est juste mon général répondit le roi Pascal mais nous avons deux personnes ici présentes qui vont nous aider dans cette quête.
Le prince remit son pardessus noir ainsi que sa capuche, il mit également ses gants, accrocha son arc à son baudrier, vérifia tout son équipement et salua les trois grands souverains qu’il venait de réveiller.
Aramir en fit de même…

Le général Huon était un brave.
Charismatique, fort, avisé et respecté de ses hommes, il avait gagné la confiance des trois cités.
Il commandait ainsi les trois armées.
Huon s’avança alors vers le prince Jean l’air interrogateur :
-vous n’avez pas très bien compris monseigneur.
Les terres noires de l’est ou la plus grande malveillance de ce monde rode sont éloignées et la route est dangereuse par les terres comme par les airs. J’ai vu votre dragon, il y a dans ces parties du ciel des créatures bien plus féroces ! Certains rapportent qu’il a été aperçu du dieu dragon accompagné de son fils démoniaque !
Vous ne passerez pas ! Si les flammes de l’enfer ne vous tuerons pas, c’est la lande qui aura votre peau ; loups, serpents, sauvages !
Vous ne passerez pas !
Le prince restait impassible, il ne disait rien.
Aramir prit alors la parole :
-grand général des trois cités, la plus grande des armées pourrait traverser ces terres mais sa marche serait entendue à des lieues à la ronde, et avant d’arriver à sa destination sans soutien, sans eau, elle perdrait la moitié de ses hommes.
Tes hommes ont le feu du dragon qui brille dans leurs yeux, ce sont des combattants et toi tu as l’honneur de commander la plus grande armée de la Première Légion.
Nous voyagerons par les airs, furtivement, tel le souffle léger du vent et quand nous nous poserons pour nous reposer ou pour manger, seuls les plus petits des animaux des animaux seront dérangés par notre présence.
Dans une semaine, nous serons de retour, sains et saufs avec des renseignements utiles, précieux qui vous feront surement gagner cette guerre !
Le prince Jean donna discrètement un coup de coude à Aramir en guise de merci…