Chapitre 7 – les trois cités

Le dragon furtif de combat se posa avec une grande discrétion devant les trois cités.
Aramir et le prince Jean descendirent de leur monture et se dirigèrent vers l’entrée principale du royaume.
Les trois cités avaient été construites dans la pierre de la montagne, elles étaient mitoyennes et présentaient trois entrées distinctes qui ressemblaient à des arches.
Devant chaque arche, il y avait une sorte de poste de garde.
Aramir et Jean s’approchèrent encore et ils virent le premier gardien.
Le chevalier était en armure et lourdement armée, il gardait l’entrée de la première cité.
Gravée sur la première arche et dans la roche, il y avait écrit ;
« Ici repose la reine Kate, seul un roi de l’alliance de la première légion peut la réveiller »
Aramir s’adressa alors au chevalier :
-je suis Aramir roi de la cité d’Enelye, seigneur de la première légion et je demande audience à la reine.
Le chevalier répondit avec un léger sourire :
-Monseigneur, il vous faut d’abord résoudre l’énigme que seul un souverain de la première légion pourrait résoudre.
Aramir et le prince Jean se regardèrent dans les yeux, ils se souvenaient des énigmes que les gardiens posaient aux voyageurs et ce qui leur arrivait s’ils répondaient faux.
Le prince Jean fit un pas en avant.
-parle…

Le chevalier posa alors son énigme aux deux guerriers.
« Je suis belle et lumineuse, je suis la compagne de l’homme dès son âge adulte, je vis à ses cotés, je le respecte et je le protège, je lui apporte force et soutien, et grâce à moi, il peut se forger un nom et assurer sa descendance, placée toujours à sa gauche, je ne le quitte jamais, il lui arrive de me parler mais je ne lui réponds jamais ; qui suis-je ? »
Aramir regarda Le prince Jean et lui chuchota à l’oreille :
-c’est une femme, ca ne fait aucun doute !
-non répondit le prince, une femme a du répondant et une femme ne forge rien, et dans la plupart de nos coutumes tribales nos femmes ne sont pas toujours à nos cotés, ne serait-ce que pour les banquets que nous donnons en l’honneur de nos victoires. Ça n’est pas une femme, mais une épée !
Le chevalier avait entendu la réponse du prince Jean.
Vous êtes les premiers à avoir répondu juste, vous pouvez entrer …

Les deux rois et la reine des trois cités avaient combattu pendant de nombreuses années sous l’étendard de la première légion avec force et courage.
Ils avaient à eux trois bâti leur cité ensemble dans la roche la plus dure ; leur royaume était de ce fait imprenable !
La reine Kathe, le roi Patrick et le roi Pascal appelé aussi capitaine courageux du aux prouesses énormes qu’il avait effectué alors qu’il n’avait même pas atteint ses trente printemps formaient ainsi la plus puissante cité de ce monde.
Las des batailles et largement récompensés par le plus grand seigneur de la première légion, ils avaient choisi la méditation.
Atlanta qui avait combattu à leur coté leur avait expliqué que seule la méditation pouvait apporter la paix et que la paix n’était pas forcément synonyme de faiblesse.
Le magicien les avait ainsi dénommé les gardiens, il les avait endormi et seul un souverain de la première légion, ayant correctement répondu aux énigmes des trois cités pourrait les réveiller.
Aramir et le prince Jean entrèrent dans la première grand’salle des trois cités et virent le sarcophage dans lequel reposait la reine Kathe…

La grand’salle était magnifiquement décorée et très fleurie, il y avait des plantes décoratives et des fleurs devant chaque statues qui représentaient les plus grands guerriers de la première légion.
De grands rideaux de dentelle masquaient la lumière qui venait des grandes fenêtres donnant à l’endroit une atmosphère de quiétude très reposante.
S’approchant encore, Aramir et Jean virent enfin à travers la glace du sarcophage le visage de la reine Kathe, elle n’avait pas pris une ride, le sortilège d’Atlanta avait fonctionné à merveille.
La pièce avait été très bien protégée et entretenue par les gardes de génération en génération.
Le prince Jean qui avait résolu l’énigme s’approcha encore, il y avait un porte voix qui donnait directement à l’intérieur de la couche de la reine.
Il prononça ainsi à voix haute le mot « épée » et le sarcophage s’ouvrit, la reine ouvrit les yeux immédiatement.
Elle avait dormi pendant des années et mis un moment avant de retrouvrer ses esprits et quand Aramir et le prince Jean avaient terminé leurs explications quand à la situation actuelle, elle se releva brusquement.
Ayant retrouvé la vigueur de ses trente ans, elle marcha alors à l’autre bout de la grand’salle, elle ouvrit une énorme porte qui donnait à nouveau sur une salle cent fois plus grande.
Elle se mit alors à crier :
-Debout ! Réveillez vous !
Environ huit cent mille hommes qui avaient été figés dans le temps et dans l’espace se réveillaient !
-mais qui sont ils, demanda Aramir ?
La reine Kathe coiffant aussitôt sa couronne répondit solennellement :
-c’est mon armée…

Aramir et le prince Jean quittèrent la première des trois cités et se retrouvèrent face à une nouvelle arche devant laquelle se trouvait un chevalier tout aussi fortement armé.
Il y avait écrit « ici repose le capitaine courageux aussi connu sous le nom de roi Pascal."
D’une humeur plutôt joviale, il leur souhaita la bienvenue, sachant qu’ils avaient déjà réussi la première épreuve.
Il posa alors son énigme :
« Je peux naitre du souffle du dragon ou de la main habile de l’homme. J’ai mon contraire comme toute chose sur terre, mon opposé ; une matière très différente de moi qui peut également me produire, quelle est cette matière ? »
Aramir et Jean se regardèrent dans le blanc des yeux.
Ils avaient compris que le gardien parlait du feu mais quelle était l’autre chose ?
Quelle était donc cette chose opposée radicalement au feu qui pouvait aussi le produire ?
Un silex ?, le prince Jean avait parlé un peu fort et le garde dégaina son épée.
-non, attends s’écria Aramir, c’est la glace, l’énigme à trouver, c’est la glace !
- explique-toi noble seigneur, répondit le garde !
Aramir revit dans son esprit Atlanta qui avait pu faire naitre une flamme à l’aide d’une loupe qu’il avait fabriqué dans une pierre transparente.
-la glace peut être façonnée, moulée dans le creux de la main, on peut lui donner la forme d’une loupe, et ainsi en laissant passer au travers d’elle les rayons du soleil, ceux-ci se concentrent alors en seul rayon qui peut fait naitre une flamme.
Le prince restait stupéfié par l’érudition d’Aramir.
Le gardien rengaina alors son épée.
-vous pouvez passer, nobles seigneurs…

La grand’salle du roi Pascal était somptueusement décorée par de grandes tapisseries décrivant des scènes de chasse à courre.
De nombreux chiens étaient affalés sur des canapés disposés ainsi au bord des fenêtres.
Ils étaient magnifiques, très bien entretenus et nourris par le gardien de l’arche, certains étaient même soigneusement toilettés.
Ils ne représentaient aucune menace pour les deux rois qui se dirigeaient à présent vers le sarcophage du deuxième souverain endormi.
Aramir prononça le mot "glace" dans le porte voix et le roi se réveilla.
Il salua ses deux hôtes et se dirigea immédiatement vers ses amis les plus fidèles.
Les chiens se ruèrent sur lui et il passa un instant à jouer avec eux.
Il interrogea alors Aramir qui lui donna toutes les explications qu’il attendait.
Le roi Pascal se dirigea alors vers ses écuries accompagné de ses chiens.
Il salua encore une fois Le prince Jean et Aramir et les pria de faire bien attention en réveillant le dernier souverain des trois cités…