Chapitre 4-Les deux amants


Une année de plus venait de se terminer pour Tao. Il avait plus de maturité, plus de force mais bon nombre des secrets de ce monde lui étaient encore inconnu.
Il avait encore en mémoire le doux regard de Opéa et il était, à son jeune âge, encore suffisamment faible pour avoir gardé au fond de lui l’odeur de son parfum.
Tao partait souvent seul dans les bois, oubliant ainsi ses obligations de jeune gouverneur.
Il avait toujours envie d’en savoir plus, de découvrir plus et de se surpasser.
Assoupi dans une clairière sur un lit de mousse verdoyante, il aperçu venir vers lui celle qu’il espérait tant et qu’il ne s’attendait pas à voir.
Opéa s’avança lentement mais surement vers le fils du roi. Sa démarche était volontaire et déterminée. La passion qui animait maintenant les deux êtres était commune.
Ils se débarrassèrent simultanément de leurs armures et de leurs armes.
Tao prit avec beaucoup de tendresse et de légèreté Opéa dans ses bras, il l’allongea sur la couche naturelle de la foret et la regarda dans les yeux avec beaucoup d’émotion.
Opéa ne baissa pas la tête cette fois ci…

La garde Prétorienne du roi avait également pour missions de surveiller les faits et geste de Tao, héritier légitime du trône d’Elona.
Ils avaient surpris les jeunes amants dans leur intimité et ils rapportèrent immédiatement ces actes jugés indécents et indignes d’un fils de sang royal.
Le vieux roi ne souhaitait avant tout que le bonheur de son fils, il connaissait également Opéa pour son intelligence, sa bravoure et sa beauté.
Le conseil de la cité composé des guerriers les plus sages avait pris la décision, et personne, pas même le roi n’était au dessus des lois :ce mariage ne pouvait avoir lieu et Opéa devait partir en exil.
Cependant le professeur Thymus, qui connaissait les textes anciens, annonça lors de l’assemblée exceptionnelle, que dans certains cas, la noblesse était un titre que l’on pouvait acquérir lors de faits accomplis très particuliers.
Tao était présent dans la grand’ salle avec son père ainsi que Opéa qui tenait, en quelque sorte le rôle de l’accusée envers le protocole royal.
Quand le Professeur Thymus lu les textes qui pourraient rendre à Opéa sa dignité et lui accorder également noblesse et considération, une larme coula de l’œil de Tao.
Tant à accomplir pour préserver cet amour, tant à faire pour retrouver un honneur qui pour lui était bafoué non pas par des actes belliqueux mais par des croyances et des habitudes ridicules.
Opéa devait effectuer la terrible épreuve du « Baccaam » en dehors de la cité…

Avant de prendre connaissance de sa mission et de recevoir ses instructions, Opéa reçu de nombreux cadeaux de la part des guerriers d’Elona.
Le commandant de la garde des archers lui offrit un arc taillé dans le bois le plus robuste.
Elle reçu de la part du chef des minotaures un baudrier en cuir lui permettant ainsi d’accrocher toutes les armes ou accessoires nécessaires à sa quête.
Tanya grande prêtresse et chef des hallebardiers lui fit don des bottes du coureur ; des bottes légères, résistantes aux chocs les plus rudes et permettant d’alléger au maximum la course.
Le professeur Thymus, s’était pris d’affection pour Opéa, il lui donna une gourde remplie d’une potion capable d’étancher la soif pour une journée en une seule gorgée.
Il lui dit également que le conseil des sages de la cité voulait la voir dans les appartements de la grande tour.

Opéa était sur ses gardes, c’est ce même conseil qui l’avait condamnée à l’exil.
La salle était sombre et seulement la lueur de quelques bougies disposées le long du couloir lui permit de trouver son chemin.
Elle trouva au fond de la grande pièce, non pas les sept membres du conseil, mais un seul homme pauvrement vêtu.

-je vois que Thymus a su, encore une fois, se montrer d’une très grande discrétion, tu ne t’attendais pas à me voir !
-non mon roi, répondit Opéa très étonnée !
-j’aime mon fils par-dessus tout, répondit il, il est tout ce qu’il me reste.
-je sais mon seigneur, répondit Opéa, la reine me manque beaucoup, je l’ai beaucoup pleuré.
-Mes obligations de souverain ne me permettent pas officiellement de te parler mais je te sais pure au fond de ton cœur, j’ai confiance en toi et tu rendras mon fils heureux. Prends cette dague.
-Tao a exactement la même, répondit Opéa !
-oui c’est sa sœur jumelle, forgée par les elfes lors des premiers âges de ce monde, je leur avais promis que j’en ferai don aux descendants des premiers rois et reine d’Elona. Reviens nous en vie ma fille, garde notre entretien secret, je continuerai de t’aider au travers de ton périple…
Opéa quitta la salle le cœur léger, elle avait l’amour de Tao, emporterait elle avec elle aussi le soutien du roi, sans aucun doute, le vieux roi ne mentait jamais…

Opéa détacha le petit message accroché à la patte du faucon.
Il était écrit « je n’avais pas le droit de te parler, en tant fils de roi, et également trop concerné dans l’histoire qui a initié cette épreuve dont tu dois t’acquitter. Tu n’es pas sans savoir que je possède deux faucons, gagnés lors de l’épreuve des archers, celui-ci t’appartient désormais. Il est jeune et vaillant, il te montrera ton chemin, il te montrera la route que tu dois suivre pour réussir cette terrible épreuve, il porte le nom de « Pit », il est rapide comme la flèche d’un arc. Mes pensées amoureuses t’accompagnent, je suis avec toi, je t’aime, Tao »
Opéa, assise au milieu des plaines verdoyantes d’Atlantis, versa une larme. Elle se savait aimée, elle savait qu’elle ne serait pas seule dans sa quête.
Elle laissa s’envoler le jeune faucon. Il prit alors une direction précise, tel un guide montrant le chemin à suivre. Pit volait en direction des collines…